Chronicature 007 : ORFRAIES



La campagne électorale s’est donc achevée. Moins vite qu’espéré plus lente que les 20 jours durant lesquels il aura fallu durcir les tympans pour ne pas souffrir des saignements d’oreilles infligés par cris de douleur des hauts-parleurs diffusant les hymnes de campagne. 
Cependant, tout comme la ritournelle « d’une assemblée de rupture », il n’y eût pas de réelle différence dans la manière d’ameuter les badauds, remplir les meetings, habiller des fillettes et garçonnets et amadouer des femmes à défaut de renflouer leur tontine de quartier. 
Mais cette campagne électorale aura celá de choquant et qui ne choque pas autant que les Titres-Choc de certains organes d’information titrant sur des violences de campagne et des « violences de discours » de campagne. 
Car pour ceux qui l’auront observé le vocabulaire de campagne n’a pas varié de l’éternelle surenchère. L’un a « descendu (en flammes) », l’autre a « flingué » quand untel «a taclé» alors qu’il ne s’agissait que de rapporter les discours très souvent agrémentés d’invectives des uns et des autres. La violence n’est pas nouvelle dans l’histoire politique sénégalaise et cela ne peut nullement servir d’excuse, mais celle notée ces derniers est plus qu’inquiétante car ayant évolué sensiblement de proportion à une heure où il aurait été plus qu’opportun de s’en passer. 
Une Jeunesse (adulte) de partis devenue milice de jet de pierres, de ports d’armes blanches et de dégaines de machettes. 
Un véritable état d’anarchie pour guerriers urbains 2.0. Les uns érigeant des zones de non droit que l’on se surprend à entendre certains présenter comme justificatif à la réplique. 
Des combats de rue à chaque collision, des représailles par QG militaires interposés tels des guerres de gang annoncées d’ailleurs par des menaces « radiointernetélévisées » et des coups et blessures se distribuant allègrement par gens de mêmes bord politiques. 
Tout débat est ramené à la force des muscles et le langage tenu par ceux devant assagir leurs militants depuis quelque temps n’augure rien d’un climat politique apaisé à l’avenir. 
Au contraire ça a dégainé des armes et préparé l’affrontement avec le rival comme si tout était une question de témérité. 
Si la capacité de la masse silencieuse à choisir contre toute attente la voie des urnes pour se faire entendre n’est plus à démontrer, il est tout de même opportun de s’alarmer sur la tendance à choisir la voix des armes et de la violence à chaque adversité politique. 
Tendance qui semble devenir chronique et ne présage guère de meilleurs lendemains s’il est de coutume sénégalaise qu’un renouvellement de la classe politique, historiquement, ne s’opère pas plus qu’un renouveau des mentalités de leaders et suiveurs politiques belliqueux. 
La face est sombre autant que les nouveaux gros bras cagoulés aux visages pas moins obscurs escortant certaines caravanes électorales. 
Pour une querelle de pouvoir (législatif) certains sont prêts à tout y compris s’entretuer, encouragés par l’impunité qui devient peu à peu la règle d’abord du côté de ceux qui étaient censés la faire respecter. 
C’est dire que le Sénégal sera peut-être ou probablement bientôt « assis »sur les pipelines de pétrole dans une atmosphère de gaz parmi des hommes politiques jouant avec le feu pour attirer les démons d’une malédiction qui n’est jamais venue d’ailleurs : tout cela est de mauvaise augure comme une vilaine ORFRAIE. 

Admirez la sinistre Galerie...