Chronicature 010: "Futur(e) MORT"

"Certains partent plus tôt que d’autres" ,"cette catégorie d'humains s’en va plus vite qu’une autre.. Il n’y a pas de logique mortuaire, en réalité, il n’y a qu’un effet de choc, mais d’autres connaissent pareille tristesse en parallèle à ce même moment de joie précédant l’instant ou tu lis ces phrases. 

Une mort, un corps, une tombe et le bruit des mottes de terre fraîches s’abattant sourdement sur une dépouille pour « l’éternité » silencieuse, ce moment, on peut s’y attendre mais on ne s’y fait pas, du moins, intérieurement. 
Il serait plus que masochiste que de penser et regarder continuellement lui ou elle, ami ou amie, sœur ou frère, Père ou Mère avec l’idée permanente qu’ils seront bientôt arrachés à notre affection. 
Mais malgré tout, le temps (moderne) finira par refaire son œuvre. Le branle-bas d’une course à la fortune, à la gloire, à la popularité et la caresse de sens « insatisfaisables » font tout oublier.. jusqu’aux prochains pleurs et cris déchirant l’intimité de la maison du Défunt. 
Qui fût-il, que fit-il de sa vie ? Témoignages inventés de toutes pièces, discours éhontés, on ne s’y perd pas dans les propos douteux faisant subitement irruption en marge des funérailles. 
Les plus pieux se contenteront du silence de ceux qui se privent d’inventer, d’autres inventeront des qualités à en faire rappeler au défunt ce qu’il aurait bien été conseillé de faire de sa vie mais de tout cela qu’une seule et éternelle leçon j’en tire: « Lou way def lou bone boppam, loum def lou baah njeurignam». 
Ce n’est parce qu’on aura renié sa parole, passé sa vie en déjections d’insultes et insanités et être adoubé en héros pour cela, trahi maintes fois la confiance de ses pairs, œuvré pour l’échec de ceux à qui on souriait, vécu allègrement grâce à une manne indue, trompé son monde (notamment ses électeurs pour certains) puis que tout le monde passera maints de nos vils actes sous silence à notre mort, que toute la laideur de nos gestes en sera camouflée d’un coup comme par magie angélique, du moins, auprès des humains. 
Celá étant dit, (dit au-delà de mes prérogatives mais dit par envie de le dire ), heureusement qu’il appartient à Dieu de juger et que lui n’a pas l’arrogance ni le peu de Miséricorde d’un Juge comme moi ni d’un Juge comme l’autre se délectant de la vie disgracieuse d’autrui encore moins la condescendance de celui dont le jugement injuste ne durera que le temps d’une vie à la durée comparable à celle d’un procès.