Au-delà de Sankara...

"15 Octobre 1987-15 Octobre 2017" 
Au-delà du 30ème anniversaire de sa mort, au-delà de la récupération politico-musico-médiatique de son aura auprès de la Jeunesse africaine, au-delà de la tendance à se proclamer en toute passivité « Révolutionnaire », au-delà des revendications de son héritage, au-delà des tentatives de ternissement du récit de l’homme qui selon certains serait loin d’être aussi mirifique que ce qui est conté (par les africains), au-delà de leurs accusations inaudibles contre l’Homme, accusations aux forts relents de « De toute façon s’il avait vécu un peu plus il serait devenu un Dictateur affirmé »,
au-delà de celá, au-delà de tout ce que draine l’image du Capitaine de son vivant et bien après son exécution, se dresse un vide aussi abyssal que le mensonge ayant entouré sa mort, un vécu aussi sombre que les années obscures de l’Afrique depuis l’Indépendance, au-delà de Sankara c’est le Désespoir d’une Jeunesse qui s’accroche au souvenir d’un Homme devenu « Mythe » pour se donner de l’Espoir. 
Si tant de jeunes se reconnaissent en lui c’est qu’ils ne retrouvent ne serait-ce qu’un brin de son charisme, qu’une parcelle de sa vision pour l’Afrique parmi leurs contemporains, aînés et aïeuls. 
Si sa lucidité dans l’exercice du pouvoir à un si jeune âge est érigé en modèle c’est parce que jusqu’à présent une « élite » éternellement auto-recyclée a fait étalage de son incapacité à faire bouger les choses mais bouche malgré tout l’horizon de jeunes pousses. 
Si son sens de la vérité crue et froidement est vantée images à l’appui, si ses bravades oratoires devant les grandes instances sont encore vivaces dans leur esprit, s’insèrent dans leurs propos c’est qu’il y a MANQUE.
Et pourtant rien ne devait être à priori plus simple dans un Monde normal qu’une gestion droite, sobre, vertueuse, gage de traces dans l’histoire, garantie de l’honneur d’une reconnaissance heureuse, de l’auréole de l’accomplissement d’actes qui méritent  témoignages glorifiants, motifs de souvenirs d’un illustre Dirigeant qui, même s’il ne réussit à réaliser ses ambitions nobles, a OSÉ, avec DIGNITÉ, seule valeur du Pauvre, devant les pressions extérieures et intérieures s’acquitter de son devoir de vérité envers son Peuple, a cru et fait pour lui au péril de sa vie, n’a jamais faussé son rendez-vous avec l’histoire contée plus tard aux autres générations.
Et c’est justement parce que népotisme et gabegie sur leurs biens rythment leur quotidien qu’ils glorifient le dénuement à sa mort de leur Idole burkinabée, c’est parce que l’exploitation de leurs ressources par d’autres « coordonnée » par leur Gouvernants subsiste qu’ils ne se reconnaissent pas dans les décisions prises pour eux sans eux, c’est parce qu’ils n’entendent que les « Puissants » imposant leur règle aux moments et aux instances de prise de parole qu’ils se remémorent sans cesse ses discours guerriers c’est pour se détourner de la face hideuse d’un « néocolonialisme sournois » qu’ils se consolent avec ses critiques (synonymes d’arrêts de mort) de la métropole, c’est parce qu’ils se lassent des délais d’intégration repoussés, des agendas d’union ficelés en haut par des sommités sous-régionales composées de Chefs d’Etat en manque de volonté, qu’ils voient en lui le parfait symbole d’un « Panafricaniste » dans l’âme. 



S’ils respectent plus que le moment précédent, au fil du temps, depuis 30 ans, depuis des dizaines d’années, leur Modèle de Leader, c’est parce que rares sont ceux qui ont voulu et peu sont ceux qui ont pu suivre sa trajectoire. 
Au-delà de SANKARA, il y a toujours ce désir de voir ressurgir des Hommes d’Etat Africains de principe, à la hauteur d’enjeux toujours actuels.