"Cn'est Pas Vrai" 001: Macron l'avait déjà fait...

Mardi 24 Octobre 2017, Emmanuel Macron recevait la visite du Chef d’Etat égyptien, Abdel Fatah Al Sissi, l’ex-Ministre de la Défense du premier Président "démocratiquement" élu d’Egypte Mohamed Morsi qu’il finira par renverser le 03 Juillet 2013, faire remplacer avant d’être élu en Janvier 2014 Président de la République égyptienne avec 96% des voix dans un scrutin entaché selon certains, de fraudes, mais surtout biaisé par une donne essentielle, la répression de la principale force d’opposition du Pays.
Dispersion des partisans de Morsi/Image AFP
Entre Juillet 2013 et Avril 2016, Amnesty International estime que près de 40.000 personnes sont arrêtées ou poursuivies pour des raisons politiques, 60.000 d’après Human Rights Watch, 700 détenus sans procès, 500 disparitions forcées et plus de 500 condamnations à morts depuis 2015 sans oublier les 1400 manifestants tués entre Août 2013 et Janvier 2014 (« l’un des plus importants massacres de manifestants de l’histoire récente » selon l'ONG Human Rights Watch) et le recours, supposé systématique, désormais, à la torture.
Mais réagissant à ces supposés crimes, seul le Qatar et quelques pays dénoncent ces exactions mais Sissi bénéficie de l’onction des « principales puissances », les Etats-Unis, l’Angleterre, la France... ne s’insurgent pas autant que des « dérives islamistes » de son prédécesseur aujourd’hui en prison, un temps sous le coup d'une condamnation à mort finalement annulée après  moults pressions.
Interpellé par plusieurs ONG qui s’étaient insurgés de sa réception dans le pays dit « des droits l’homme », le Président français déclare lors de la conférence de presse ceci en réponse à une question:


La tournure des propos ne fait pas un peu tilt dans votre esprit ?
Est-ce vrai qu’Emmanuel Macron est aussi réservé que ça sur les questions de droits de l'homme et par extension les questions internes d’autres pays ? Est-il vrai que de la même façon qu'il n’accepte pas qu’un autre Chef d’Etat lui donne des leçons sur la façon de gouverner son pays, il n’en donnerait pas aux autres ?
Voyons voir…
Tout d'abord, le 25 août 2017, voilà ce qui provoque l’ire du gouvernement polonais sur un air de « crise diplomatique » :
-  « Il s’agit d’« une nouvelle erreur » de Varsovie qui, selon le président français, se met « en marge » de l’Europe sur « de nombreux sujets ».
-  « L’Europe s’est construite sur des libertés publiques qu’enfreint aujourd’hui la Pologne. » 
-   Cet Etat « a décidé de s’isoler »
-  « La Pologne n'est en rien ce qui définit le cap de l'Europe » 
-  « Le peuple polonais mérite mieux »
Pour cause, la position de la Présidente du Conseil des Ministres de Pologne de ne pas modifier le statut des travailleurs détachés et la réforme judiciaire entreprise par les autorités de ce pays.
Bon, binh, c’est juste un petit mot sur « un pays membre de l’Union européenne au même titre que la France » comme le dit la Première Ministre polonaise,  pas de grande gravité même si Beata Szydło dénoncera alors l’« arrogance » et le « manque d'expérience » du président français, ajoutant qu'il devrait essayer d'« avoir les mêmes résultats économiques et le même niveau de sécurité de ses citoyens que ceux garantis par la Pologne ».
Voilà qui est dit…
Des ONG dénoncent un régime, la brimade d’une opposition qui réclame le changement, plus de 100 morts depuis le début des manifestations. Les critiques sont nombreuses, comme celle-ci :
"Comment certains ont pu être aussi complaisants avec le régime qui se met en place au Venezuela.."
"Une dictature tente de se survivre au prix d'une détresse humanitaire sans précédent, de radicalisations idéologiques inquiétantes, alors même que les ressources de ce pays restent considérables »
Et l’auteur de ces propos est…. notre cher Macron devant une tribune d'ambassadeurs français qui s’attire là aussi le ressentiment des autorités vénézuéliennes.
Tertio, le 19 Septembre dernier...:
-  "Le président syrien Bachar Al-Assad est "un criminel" et doit répondre de ses crimes devant "la justice internationale". Le président de la République française précisera que "c'est au peuple syrien de choisir librement son dirigeant"


Alors ? Que s’est-il donc passé entre-temps pour que le Président français refuse de s’exprimer tout à coup sur la situation dans le pays et sur le régime avec lequel la France a conclu pour plus de six milliards d’euros en vente d'armements...
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