"Génocide africain" Par Jean Pierre Minet

L’Afrique est aujourd’hui le continent dont la population a la moyenne d’âge la plus faible dans le monde : âge médian de moins de 20 ans contre 35 et 40 ans pour les usa et l’Europe. 
L’Afrique est le continent qui a l’accès à la santé et au médicament le moins développé.

L’Afrique possède une croissance soutenue depuis des années entre 5 et 6 % du PIB avec pour certains pays une croissance à deux chiffres alors que l’Europe ne connait que maximum 2 % de croissance, Chine 7 % et les USA 2%.
L’Afrique connait une forte corruption plusieurs dizaines de milliards par an si on en croit les observatoires internationaux. On sait à titre d’exemple qu’entre 2007-2008, 90 milliards de dollars de flux financiers illégaux sortant du continent. On sait également que si on cumule le montant de ces flux depuis 2001 on obtient deux fois le montant de la dette extérieure du continent.
L’Afrique exporte massivement ces matières premières en direction des pays industrialisées sous contrôle de groupe internationaux européen américain chinois australien Russe Qatari… 
Exemple Secteur Pétrolier: 5 millions de barils de Pétrole par an soit 6.2% de la production mondiale. 
L'insuffisance des capacités, notamment juridiques, en Afrique, se fait surtout sentir dans un certain nombre de secteurs particulièrement sensibles ou cruciaux pour le continent : endettement et action des fonds vautours ; exploitation de matières premières et négociations commerciales complexes. 

Les fonds vautours sont des entités spéculatrices qui acquièrent des créances à bas prix sur le marché secondaire de la dette, dont les titulaires initiaux ne sont pas en mesure d’obtenir le paiement de la part de leurs débiteurs en difficultés financières, pays en développement pour l’essentiel.

Leur stratégie est ensuite des plus simples: refuser de participer aux procédures de restructuration de la dette et lancer des procédures judiciaires ou arbitrales de recouvrement, le plus souvent devant les juridictions anglo-saxonnes ou relevant de paradis fiscaux - Îles Vierges, Îles Caïman, Bermudes, Bahamas, principalement - pour tenter d’en obtenir le remboursement intégral à leur valeur nominale, augmentée le cas échéant de dommages, arriérés, frais légaux et autres pénalités. S’il est moralement indéfendable, le procédé est juridiquement inattaquable.

Leur expertise juridique et leur capacité de lobbying, leur intransigeance et les pressions qu’ils exercent, par exemple en essayant d'obtenir la saisie à l'étranger des biens et avoirs financiers de l'État débiteur ou de sociétés nationales qui lui sont assimilées, permettent aux fonds vautours, au terme de procédures longues de plusieurs années et fort onéreuses, d’obtenir des résultats spectaculaires : on estime que leurs taux de recouvrement représentent de trois à vingt fois leur investissement.

Ainsi, le fonds Kensington International Ltd a-t-il obtenu il y a quelques années la condamnation de la République démocratique du Congo à lui verser une somme de près de 120 M$, pour une dette d’une valeur nominale de 29,6 M$ qu’il avait rachetée au créancier initial 1,8 M$. 

Certaines économies africaines restent dépendantes en plus en matière de création monétaire les zones Francs CFA et dans un certain nombre de pays dollars américains comme monnaies de substitution aux monnaies locales trop faibles

 Ainsi le schéma de l’économie coloniale n’aurait que peu changé depuis les indépendances avec la mise en œuvre d’acteurs de substitution à l’administration coloniale facilité par la mise en place d’une corruption étendue à tous les niveaux. Tout cela en toute connaissance de cause afin de garantir aux ex-colonies une économie reposant sur les matières premières et la main d’œuvre bon marché du continent africain.

Système évidement soutenu par d'autres Etats qui profitent également de ce système. Maintenir le sous-développement quoiqu’il en coûte car il est moteur des économies des pays industriels et des consortiums internationaux peu identifiables.

Aujourd’hui stigmatisée dans les pays développés l’immigration est un stigmate de la réussite de ce système.
 50 ans d’indépendance et 50 ans de pillage renouvelé et de population ostracisée. Quel constat !

Comment nous avons collectivement pu laisser massacrer des populations entières sous prétexte d’enrichissement ? 
Coup d’état soutenu par des services étrangers, massacres ethniques appuyés par des pays, population affamées et décimées sans peu de réaction et surtout d’actions internationales, soutien à des groupements armées pour le contrôle de zone riche en matière première…

La politique du en même temps n’est qu’un prolongement de ce système. L’aide au développement contre maitrise de l’immigration c’est la dernière humiliation à un peuple déjà martyrs.

Génocide certains trouveront ce terme fort mais ne s’agit-il pas en un élimination physique intentionnelle, total ou partiel (population africaine est la plus jeune du monde en raison de quoi si ce n’est limiter l’accès à la santé des populations de façon intentionnelle), d’un groupe national, ethnique, ou religieux en tant que tel ce qui veut dire que ses membres sont détruits ou rendus incapables de procréer, en raison de leur appartenance à un groupe. (Maintenir coûte que coûte les états africains dans le sous-développement par des mécanismes économiques et politiques favorisant leurs exploitations et donc à terme leur disparition).

Le génocide peut être perpétré par différents moyens dont le meurtre collectif direct ou indirect. (L’intentionalité du délit n’est pas évidement directe mais reste une conséquence d’un système qui l’induit).